Préparer ses fichiers pour l’étalonnage

Un étalonnage commence bien avant d’ouvrir DaVinci Resolve : il commence par les fichiers que l’on reçoit. Un projet bien préparé, c’est moins d’allers-retours, moins de temps perdu en conformation et, au final, une meilleure image. Voici ce que je demande aux monteurs, aux sociétés de production et aux agences avant un étalonnage.

La solution idéale : un XML et les rushes natifs

Le meilleur point de départ est un XML de la timeline montée accompagné des rushes natifs, c’est-à-dire les fichiers originaux sortis de la caméra.

  • Pourquoi les rushes natifs ? Ils contiennent toute l’information enregistrée par la caméra (latitude, profondeur de couleur, profil log). C’est cette matière qui permet de pousser l’image sans la dégrader.
  • Pourquoi un XML ? Il permet de reconstruire la timeline à l’identique dans DaVinci Resolve et de relier chaque plan à son rush d’origine.

Quelques précautions rendent la conformation beaucoup plus simple :

  • consolider le projet (ne garder que les rushes utilisés, avec des poignées de quelques images)
  • conserver les noms de fichiers d’origine et la même arborescence
  • simplifier la timeline : aplatir les pistes inutiles, signaler les effets, recadrages et ralentis
  • joindre un export de référence du montage, pour vérifier que tout est bien conformé
  • indiquer la caméra, le profil (log, Rec.709…) et les éventuelles LUT utilisées au tournage

L’alternative : un export ProRes 4444

Si l’envoi des rushes n’est pas possible (volume trop important, délais, contraintes du client), un export ProRes 4444 du montage fonctionne aussi. Ce codec conserve une très bonne qualité d’image et laisse de la marge pour l’étalonnage.

Dans ce cas :

  • exportez sans aucun étalonnage ni LUT créative appliqués
  • gardez la résolution et la cadence du projet
  • évitez les titres et sous-titres incrustés, à ajouter après l’étalonnage
  • fournissez une liste des plans ou un EDL si possible, pour faciliter le découpage

Ce qu’il vaut mieux éviter

  • Les exports en H.264 ou en codecs très compressés : l’image se dégrade dès qu’on la travaille.
  • Les fichiers déjà étalonnés ou avec une LUT « brûlée » : on perd l’information dans les hautes et basses lumières.
  • Les timelines non verrouillées : un montage qui change après l’étalonnage oblige à refaire une partie du travail.

Envoyer les fichiers

J’étalonne à distance depuis ma station de travail personnelle : un lien de transfert suffit pour la plupart des projets. Pour les gros volumes, on peut convenir ensemble du mode d’envoi le plus adapté.

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